Nos poésies en 2004 / 2005
 
Noël

Le père Noël est mécontent

Le père Noël est mécontent
Ça fait bientôt plus de 1000 ans
Que nul jamais près de ses bottes
N'a mis la moindre papillote
Depuis que Noël est Noël
On n'offre rien au père Noël
Une souris dans son placard
Voyant qu'il avait le cafard
Téléphona en Amérique
Au Président d'la République
(voix de la souris)
Depuis que Noël est Noël
On n'offre rien au père Noël
(voix du président américain)
La question est trop délicate
Faut consulter mes diplomates
En me grattant derrière la tête
La solution viendra peut-être

(voix normale)
Pris d'une inspiration subite
Le président soudain s'agite
Et dans un tout petit paquet
Met la colombe de la paix
Depuis que Noël est Noël
On n'offre rien au père Noël
Voyant le cadeau fabuleux
Le père Noël dit :
(voix du père Noël)
"Je suis vieux,
Pour jouer avec cette colombe
Portons-la aux enfants du monde".
(voix normale)
Et depuis ce fameux Noël
Qu'il est heureux le père Noël !

©Pierre CHENE

Cantilène du vieux Noël !

Le vieux Noël dont l'oeil luit
en décembre
dans la chambre
Le vieux Noël dont l'oeil luit
rentre chez nous vers minuit
sans bruit
De glaçons il est vêtu
pendeloques
et breloques
De glaçons il est vêtu
et porte un chapeau pointu
On aperçoit sur son dos
une hotte
qui ballote
On aperçoit sur son dos
un tas de jolis cadeaux
C'est pour les petits garçons
pour les filles
bien gentilles
C'est pour les petits garçons
qui dorment dans les maisons

 

Alphonse GAUD

Le matin des étrennes


Ah ! quel beau matin, que ce matin, des étrennes !
Chacun pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quelque songe étrange où l’on voyait joujoux,
Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une dans sonore,
Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
On s’éveillait matin, on se levait joyeux,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux…
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement touchées,
On entrait… Puis alors les souhaits… en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise !



Arthur RIMBAUD

 

Les droits des enfants

Les droits des enfants.


Je suis toi quand tu pleures
Parc’qu’un grand t’a trompé
En te prenant les fleurs
Que tu voulais garder

C’est un peu de mon sang
Qui coule dans tes veines
Si tu as du chagrin
J’ai aussi de la peine…

Si l’on devait graver dans la pierre du Temps
Les mots les plus utiles ou les plus importants
Sans chercher bien longtemps je crois qu’en tout premier
Viendraient le mot Justice et le mot Liberté

Vérité serait là juste après, ou avant
Le coupable la craint, la victime l’attend
Certains mots ont ainsi des pouvoirs surprenants
Ils résument à eux seuls tous les Droits des Enfants


Yves Duteil


Jane

Le globe


Offrons le globe aux enfants, au moins pour une journée.
Donnons-leur afin qu’ils en jouent comme d’un ballon multicolore
Pour qu’ils jouent en chantant parmi les étoiles.
Offrons le globe aux enfants,
Donnons-leur comme une pomme énorme
Comme une boule de pain toute chaude,
Qu’une journée au moins ils puissent manger à leur faim.
Offrons le globe aux enfants,
Qu’une journée au moins le globe apprenne la camaraderie,
Les enfants prendront de nos mains le globe
Ils y planteront des arbres immortels.


Nazim Hikmet


Théo

Le Petit prince


- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis.
Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?
- C’est une chose trop oubliée, dit le renard.
Ça signifie « créer des liens… »
- Créer des liens ?
- Bien sûr dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…


Antoine de Saint-Exupéry


Anaïs

 

La rentrée

Éloge de l’accent

Aigu
Grave
Ou circonflexe
Avec zèle
J’annexe
Par kyrielles
Les voyelles !

A E I O U, mes belles !
Je vous suis providentiel !

Je vous coiffe à tire-d’aile
Je vous gèle
Je vous flagelle
Je vous grêle
Je vous ombrelle !

U O I E A, Agnelles!
Rendez-vous à mes appels !

Aigu
Grave
Ou circonflexe
Je le répète sans complexe :
C’est l’Accent
Qui fait le Texte !


Andrée CHEDID
 

 

 Pavane de la virgule


« Quant à Moi ! », dit la Virgule,
J’articule et je module ;
Minuscule ; mais je régule
Les mots qui s’emportaient !

J’ai la forme d’une Péninsule ;
A mon signe la phrase bascule.
Avec grâce je granule
Le moindre petit opuscule.

Quant au Point !
Cette tête de mule
Qui se prétend mon cousin !

Voyez comme il se coagule,
On dirait une pustule,
Au mieux : un grain de sarrasin.

 

Andrée CHEDID
 


 

PONCTUATION 

- Ce n'est pas pour me vanter,
      Disait la virgule,
Mais, sans mon jeu de pendule,
Les mots, tels des somnambules,
Ne feraient que se heurter.

 

- C'est possible, dit le point.
      Mais je règne, moi,
Et les grandes majuscules
Se moquent toutes de toi
Et de ta queue minuscule.

 

- Ne soyez pas ridicules,
      Dit le point-virgule,
On vous voit moins que la trace
De fourmis sur une glace.
Cessez vos conciliabules

Ou, tous deux, je vous remplace ! 

Maurice CARÊME

 

 

Vers l’école 

 

Où va-t-il ce bambin pas plus haut qu'une botte ?

Il a mis ce matin sa plus belle culotte ;

Rose et frais, bien peigné, dans son habit propret,

Le voilà dans la rue alerte et guilleret.

Le béret sur la tête et le sac à l’épaule,

Pour la première fois il se rend à l’école.

Grave comme un conscrit, il marche ferme et droit,

Sans arrêt ni détour, et crâne, ainsi qu’on doit.

Il sait qu’on le regarde et que chacun le nomme ;

Il sent bien aujourd’hui qu’il est un petit homme ;

Sa mère l’accompagne et le tient par la main :

Mais il pourrait, dit-il, faire seul le chemin.

Cependant l’heure sonne et l’école est tout proche ;

Quand vibrent les appels des premiers coups de cloche.

Lors, tout à coup pensif, il ralentit le pas :

« Le maître, dis, maman, il ne me connaît pas ? »

- Mais si, répond la mère avec un fin sourire ;

C’est un autre papa qui va t’apprendre à lire.

L’école est sa famille : ainsi chaque écolier

Est un enfant qu’il aime avec son cœur entier … »

 

 

Frédéric Bataille, Les trois foyers

 

Nos poésies en 2003 / 2004

Fables

  



Le Renard et le Bouc 

Capitaine Renard allait de compagnie
Avec son ami Bouc des plus haut encornés.
Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez;
L'autre était passé maître en fait de tromperie.
La soif les obligea de descendre en un puits.
Là chacun d'eux se désaltère.
Après qu'abondamment tous deux en eurent pris,
Le Renard dit au Bouc : "Que ferons-nous, compère ?
Ce n'est pas tout de boire, il faut sortir d'ici.
Lève tes pieds en haut, et tes cornes aussi;
Mets-les contre le mur. Le long de ton échine
Je grimperai premièrement;
Puis sur tes cornes m'élevant,
A l'aide de cette machine,
De ce lieu-ci je sortirai,
Après quoi je t'en tirerai.

- Par ma barbe, dit l'autre, il est bon ; et je loue
Les gens bien sensés comme toi.
Je n'aurais jamais, quant à moi,
Trouvé ce secret, je l'avoue."
Le Renard sort du puits, laisse son compagnon,
Et vous lui fait un beau sermon
Pour l'exhorter à patience.
"Si le ciel t'eût, dit-il, donné par excellence
Autant de jugement que de barbe au menton,
Tu n'aurais pas, à la légère,
Descendu dans ce puits. Or, adieu, j'en suis hors.
Tâche de t'en tirer, et fais tous tes efforts :
Car pour moi, j'ai certaine affaire
Qui ne me permet pas d'arrêter en chemin.
En toute chose il faut considérer la fin." 

Jean de La Fontaine (1668)

 

Le loup et l'agneau

 La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
"Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'Agneau, je tette encor ma mère.
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
- Je n'en ai point. - C'est donc quelqu'un des tiens :
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge."
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.
 

Jean de La Fontaine (1 668)

Dessin en attente

 

AUTOMNE


Samuel

 

Soir d'automne

 

Dans les forêts dépouillées,

Déjà les feuilles rouillées

Font un tapis de velours,

Et l'on entend, de l'automne

Gémir le chant monotone

Coupé par des sanglots lourds.

 

Les frileuses hirondelles,

Rasant le sol de coups d'ailes,

Se rassemblent à grands cris,

Et tous les oiseaux sauvages

S'appellent sur les rivages

Près des étangs défleuris.

 

J. Richepin

 

Les derniers beaux jours

 

Déjà plus d'une feuille sèche

Parsème les gazons jaunis;

Soir et matin , la brise est fraîche;

Hélas ! les beaux jours sont finis !

 

On voit s'ouvrir les fleurs que garde

Le jardin pour dernier trésor.

Le dahlia met sa cocarde,

Et le souci sa toque d'or.

 

La pluie au bassin fait des bulles;

Les hirondelles sur le toit

Tiennent des conciliabules:

Voici l'hiver, voici le froid !

 

Théophile Gautier


Sarah M

 


Raphaël

Automne

 

Matins frileux

Le temps se vêt de brume;

Le vent retrousse au cou des pigeons bleus

Les plumes.

La poule appelle

Le pépiant fretin de ses poussins

Sous l'aile.

Panache au clair et glaive nu

Les lansquenets des girouettes

Pirouettent.

L'air est rugueux et cru;

Un chat près du foyer se pelotonne;

Et tout à coup, du coin du bois résonne,

Monotone et discord,

L'appel tintamarrant des cors

De l'automne.

 

Emile VERHAEREN

 

Automne

 

Odeur des pluies de mon enfance

Derniers soleils de la saison !

A sept ans comme il faisait bon,

Après d'ennuyeuses vacances,

Se retrouver dans sa maison !

 

La vieille classe de mon père,

Pleine de guêpes écrasées,

Sentant l'encre, le bois, la craie

Et ces merveilleuses poussières

Amassées par tout un été.

 

O temps charmants des brumes douces,

Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,

Le vent souffle sous le préau,

Mais je tiens entre paume et pouce

Une rouge pomme à couteau.

 

René-Guy CADOU


Ivan

 

LA RENTREE

IMAGE 

Sous les herbes, ça se cajole,
Ça s'ébouriffe et se tripote,
Ça s'étripe et se désélytre,

S'entregrouille et s'entrefouille,
s'écrabouille et se barbouille,
se mouille et se déverrouille,
se dérouille et se farfouille,
s'épouille et se tripatouille. 

Et du calme le pré
Est la classique image.

Eugène Guillevic


Elea

 

Litanie des écoliers 

Saint Anatole,
Que légers soient les jours d'école ! 

Saint Amalfait,
Ah ! que nos devoirs soient bien faits! 

Sainte Cordule,
N'oubliez ni point, ni virgule. 

Saint Nicodème,
Donnez-nous la clé des problèmes ! 

Saint Tirelire,
Que grammaire nous fasse rire ! 

Saint Siméon,
Allongez les récréations ! 

Saint Espongien,
Effacez tous les mauvais points. 

Sainte Clémence
Que viennent vite les vacances ! 

Sainte Marie
Faites qu'elles soient infinies ! 

Maurice Carême


Myriam