LA CRYPTE
Ce
sont les premiers dirigeants de la Révolution Française qui ont décidé
d’honorer particulièrement les grands hommes français en les enterrant
dans la crypte du Panthéon. Ces premiers grands inhumés de la Révolution
n’ont pas connu un repos durable puisque les diverses factions de révolutionnaires
qui se sont succédé au pouvoir se sont déchirées à leur sujet. Tous les
révolutionnaires ont pourtant été d’accord pour écarter les grands
hommes de l’Ancien Régime, à l’exception de Voltaire et de Rousseau
qui incarnaient, selon eux, la modernité de leur vivant.
1791
Honoré-Gabriel
Riqueti, comte de MIRABEAU (1749-1791), homme politique, un des chefs de la
Constituante. Le premier à être "panthéoniser". Retiré en 1794
pour « trahison », suite à un rapport établi par l’écrivain
et député Marie-Joseph Chénier, remplacé par Marat.
François-Marie
Arouet, mieux connu en tant que VOLTAIRE (1694-1778), philosophe et écrivain.
1792
Nicolas-Joseph
BEAUREPAIRE (1740-1792), général mort au combat, son corps a disparu.
1793
Louis-Michel
LE PELETIER DE SAINT-FARGEAU (1760-1793), homme politique, juriste et député
de la noblesse de Paris à la Constituante. Aristocrate célèbre pour avoir
voté la mort du roi Louis XVI, alors que le vote n’a été acquis qu’à
une seule voix près, la sienne. La veille de l'exécution du roi, il est
assassiné par un royaliste, la Convention en fait alors le "martyr de
la liberté". Son corps a été récupéré par sa famille.
Auguste-Henri-Marie
Picot de DAMPIERRE (1756-1793), général qui s'est distingué à Valmy et
à Jemmapes, mort au combat. Son corps fut retiré à la demande du terrible
Couthon du Comité de Salut Public qui le soupçonnait de trahison. Son
corps a disparu.
1794
Jean-Paul
MARAT (1744-1793), journaliste et homme politique extrémiste du parti des
Enragés. Son corps fut retiré l'année suivante pour « trahison »
et enterré dans le cimetière de Saint-Etienne du Mont.
Jean-Jacques
ROUSSEAU (1712-1778), philosophe et écrivain.
Suivent
les noms de 42 hauts dignitaires de l'Empire mis au Panthéon sur ordre de
Napoléon Ier.
1806
François-Denis
TRONCHET (1749-1806), homme politique et juriste. Président de l’Assemblée
Constituante au début de la révolution, Il est un des pères du Code
Civil.
Claude-Louis
PETIET (1749-1806), grand organisateur de troupe.
1807
Jean-Baptiste-Pierre
BEVIERE (1723-1807), célèbre pour avoir rédigé le serment du Jeu de
Paume, constituant rallié à l'Empire.
Louis-Joseph-Charles-Amable
d'Albert, duc de LUYNES (1748-1807), aristocrate membre du Tiers Etat,
militaire puis sénateur et pair de France, son corps a disparu.
Jean-Etienne-Marie,
comte de PORTALIS (1746-1807), homme politique spécialiste des questions
religieuses. Il est à l'origine de l'Edit de Tolérance de 1787 qui
reconnaissait les mêmes droits civiques aux protestants. Ministre des
cultes de Napoléon Ier, académicien, il négocie le Concordat de 1801 avec
le légat du pape Caprara.
Louis-Pierre-Pantaléon
RESNIER (1759-1807), homme de lettre et sénateur.
1808
Antoine-César
de CHOISEUL, duc de Praslin (1756-1808), sénateur
Jean-Fédéric
PERREGAUX (1744-1808), financier et premier dirigeant de la Banque de
France.
Jean-Pierre-Firmin,
comte MALHER (1761-1808), général qui s'est illustré pendant la campagne
d'Italie.
Pierre-Jean-Georges
CABANIS (1757-1808), médecin, poète et philosophe
François-Barthélémy,
comte BEGUINOT (1757-1808), soldat de la République, homme politique et général
Gabriel-Louis,
marquis de CAULAINCOURT (1741-1808), militaire de carrière et père de deux
généraux d'Empire.
1809
Girolamo-Luigi,
comte DURAZZO (1739-1809), dernier doge de Gênes qui se mît au service de
Napoléon
Jean-Baptiste
Papin, comte de SAINT-CHRISTAU (1756-1809), homme politique et juriste.
Joseph-Marie,
comte VIEN (1716-1809), premier peintre du roi en1789, le maître du peintre
officiel de l'Empire Jacques-Louis David.
Pierre-Garnier,
comte de LA BOISSIERE (1755-1809), général de cavalerie, sénateur et
comte d'Empire.
Justin-Banaventure,
comte MORARD DE GALLE (1761-1809), amiral, sénateur et comte d'Empire.
Jean-Pierre,
comte SERS (1746-1809), armateur, mémorialiste et comte d'Empire.
Emmanuel
CRETET, comte de Champmol (1747-1809), directeur des Ponts et Chaussées. On
lui doit de beaucoup de routes et de canaux, le canal de l'Ourcq, par
exemple.
1810
Louis-Vincent-Joseph
LE BLOND, comte de Saint-Hilaire (1766-1809), général blessé à Essling
et comte d'Empire.
Jean
LANNES, duc de Montebello (1769-1810), maréchal d'Empire. Soldat réputé
pour sa bravoure, il est de toutes les campagnes depuis l’ Italie, il est
blessé à Arcole, jusqu’à Essling en 1809 où il meurt. L’empereur en
fut très affecté.
Giovanni
Baptista, Cardinal CAPRARA, comte de Monte Cucolli, Légat du Pape à Paris.
Négociateur du Concordat de 1801.
Charles-Pierre
Claret, comte de FLEURIET DE LA TOURETTE (1738-1810), théoricien des
sciences nautiques et Intendant Général de la Maison de l'empereur.
Jean-Baptiste,
comte TREILHARD (1742-1810), avocat et député de la convention, considéré
par Napoléon Ier comme l'âme de la commission qui a rédigé le Code
Civil, le Code Pénal et le Code d'Instruction.
1811
Nicolas-Marie,
comte SONGIS DES COURBONS (1761-1811), général de division, commandant de
l'artillerie, comte d'Empire.
Charles,
Cardinal ERSKINE OF KELLIE (1739-1811), un cardinal jamais ordonné prêtre.
Alexandre-Antoine
HUREAU, comte de SENARMONT (1769-1811), artilleur des armées, baron
d'Empire.
Michel,
comte ORDENER (1755-1811), général qui s'illustra à la bataille d'Austerlitz.
Louis-Antoine,
comte de BOUGAINVILLE (1729-1811), navigateur.
1812
Jean-Guillaume
de WINTER, comte de HUESSEN (1761-1812), amiral batave, comte d'Empire.
Jean-Marie-François
Le Paige, comte Dorsenne, dit DORSENNE LE PAIGE (1773-1812), général.
1813
Joseph-Louis,
comte de LAGRANGE (1736-1813), mathématicien.
Jean-Ignace
JACQUEMINOT, comte de Ham (1758-1813), avocat et comte d'Empire.
Hyacinthe-Hughes
Timoléon DE COSSE, comte de Brissac (1746-1813), chambellan de Madame-Mère.
François-Marie-Joseph-Justin,
comte de VIRY (1737-1813), préfet de la Lys, gloire d'Austerlitz, comte
d'Empire.
Jean,
comte ROUSSEAU (1738-1813), homme politique, membre du conseil des Anciens.
Frédéric-Henri,
comte WALTHER (1761-1813), soldat qui s'illustra pendant toutes les
campagnes napoléonienne, d'Italie jusqu'en Russie, comte d'Empire.
1814
Jean-Nicolas,
comte DEMEUNIER (1751-1814), spécialiste des institutions, comte
d’Empire.
Jean-Louis-Ebenezer,
comte REYNIER (1771-1814), général, il s’est illustré depuis la
campagne d’Egypte jusqu’en Pologne, comte d’Empire.
Claude-Ambroise
Régnier, duc de MASSA DI CARRARA (1746-1814), grand juge de l’Empire.
1815
Claude-Juste-Alexandre,
comte LEGRAND (1762-1815), général, s’est illustré à Austerlitz.
Antoine-Jean-Marie,
comte THEVENARD (1733-1815), vice-amiral de la Révolution, sénateur et
comte d’Empire.
Suivent
28 grands hommes dont une femme, Marie Curie, qui ont été panthéonisés
par la République Française et 3 exceptions qui n’ont pas reçu les
honneurs de cette cérémonie : l’architecte Soufflot inhumé ici en tant
que concepteur du bâtiment, Marc Schoelcher, le père de Victor, qui repose
avec son fils pour respecter leur volonté commune et Sophie Berthelot, la
femme du chimiste pour la même raison. Du reste, Marcellin Berthelot est décédé
une heure après son épouse, ne pouvant supporter son chagrin.
1829
Jacques-Germain
SOUFFLOT (1713-1780), premier architecte du Panthéon
1885
Victor HUGO (1802-1885), écrivain
1889
Théophile-Malo Corret de LA TOUR D’AUVERGNE
(1743-1800), soldat, « premier grenadier de la République ».
Lazare-Nicolas-Marguerite, comte CARNOT (1753-1823),
conventionnel, général et scientifique. Technicien qui permis
l’organisation de l’Armée de l’An II.
Jean-Baptiste BAUDIN (1811-1851), député qui est
devenu célèbre en mourrant sur une barricade constituée par les républicains
pour s’opposer au coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte, le futur
Napoléon III. Il devient un symbole pour les républicains de la lutte
contre le nouveau régime.
François-Séverin Marceau-Desgraviers, dit MARCEAU
(1769-1796), général de la République.
1894
Sadi CARNOT (1837-1894), Président de la République
Française de 1887 à 1894, assassiné à Lyon par un anarchiste.
1907
Marcellin BERTHELOT (1827-1907), chimiste,
homme politique et son épouse Sophie Berthelot (1837-1907), scientifique.
1908
Emile ZOLA (1840-1902), écrivain.
1920
Léon GAMBETTA (1838-1882), homme politique républicain,
dirige le gouvernement de la Défense Nationale pendant la guerre de
1870-1871, après la chute de l’Empire de Napoléon III. Son cœur
repose dans la crypte.
1924
Jean JAURES (1859-1914), homme politique socialiste.
Assassiné à la veille de la 1ère Guerre Mondiale.
1933
Paul PAINLEVE (1863-1933), mathématicien et homme
politique.
1948
Paul LANGEVIN (1872-1946), physicien.
Jean PERRIN (1870-1942), physicien.
1949
Adolphe-Sylvestre-Félix EBOUE (1894-1944), homme
politique, député de la France coloniale.
Victor SCHOELCHER (1804-1893), homme politique,
figure de la lutte pour l’abolition de l’esclavage. Inhumé avec son père
Marc Schoelcher pour respecter leur volonté.
1952
Louis BRAILLE (1809-1852), professeur et inventeur de
l’écriture pour les aveugles. Inhumé au Panthéon lors du centenaire de
sa mort.
1964
Jean MOULIN (1899-1943), chef combattant de la
Résistance.
« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec
son cortège d’exaltation dans le soleil d’Afrique et les combats d’Alsace,
entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège…»
(André Malraux)
1987
René CASSIN (1887-1976), juriste, résistant, prix
Nobel de la paix. A l’origine de la création de L’UNESCO et auteur de
la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
1988
Jean MONNET (1888-1979), économiste, père de l’idée
d’union européenne.
1989
L’ABBE Baptiste-Henri, comte GREGOIRE (1750-1831),
ecclésiastique, sénateur et comte d’Empire. Il fut un partisan de
l’octroi de la citoyenneté française aux juifs et de l’abolition de
l’esclavage.
Gaspard MONGE, comte de Péluse (1746-1818), mathématicien.
Inventeur de la géométrie descriptive, il est le fondateur de l’Ecole
Polytechnique.
Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de
CONDORCET (1743-1794), philosophe, homme politique et mathématicien.
1995
Pierre (1859-1906) et Marie (1867-1934) CURIE,
physiciens, prix Nobel de physique. Marie CURIE a obtenu un deuxième prix
Nobel en continuant ses travaux après la mort de son mari.
1996
André MALRAUX (1901-1976), écrivain et ministre de
la Culture du Général De Gaulle.
2002
Alexandre DUMAS (1802-1870), écrivain.
CONCLUSION
En tout, cela fait 73
personnes, dans une crypte qui peut accueillir 300 personnes. Il reste donc
de la place. Pour cela la République a fixé les règles suivantes :
il faut être français (les naturalisations sont acceptées), il faut
véhiculer les valeurs républicaines, enfin il faut avoir une partie du
corps. C’est pourquoi Saint-Exupéry, l’auteur du Petit Prince,
disparu lors du crash de son avion en mer, ne peut être panthéonisé. Une
plaque à sa mémoire a néanmoins été posée dans la nef du Panthéon.